Ycare, artiste de la scène pop française, aborde cette rentrée avec une actualité particulièrement dense. Invité de l’émission Vivement Dimanche sur France 3, l’auteur-compositeur-interprète revient devant Michel Drucker sur deux projets qui marquent un tournant dans sa carrière. Il a d’abord écrit et composé une chanson pour Céline Dion. Il prépare ensuite un album hommage à Jacques Brel. À 42 ans, celui qui a passé plus de quinze ans sur les plateaux de télécrochets puis sur les routes des concerts s’installe dans une nouvelle dimension : celle d’un créateur capable de dialoguer avec les plus grands noms de la chanson francophone.
Ce passage télévisé n’est pas anodin. Il intervient alors que la reconnaissance publique d’Ycare semble atteindre un palier supérieur. Longtemps perçu comme un jeune premier de la pop, il est désormais considéré comme un artisan de l’écriture, un compositeur dont les mélodies voyagent. Dans l’émission, le chanteur se confie avec sincérité sur son parcours, ses doutes et sur cette certitude qui l’habite : la musique doit rester au service des émotions. Ses confidences trouvent un écho particulier dans le contexte de la rentrée musicale, où les albums se bousculent et où la chanson française cherche encore sa place entre tradition et modernité.
Céline Dion : une collaboration née à Las Vegas
Composer pour Céline Dion demeure l’un des plus beaux défis qui puissent se présenter à un auteur francophone. Ycare peut désormais s’en prévaloir. Il a signé le titre « Bonjour, pardon, merci », placé en première position sur le prochain album de la chanteuse québécoise. Cette place n’est pas symbolique : elle induit une responsabilité artistique particulière. Le public découvrira ce titre dès la sortie de l’album, mais Ycare en a déjà mesuré l’importance lors des séances d’enregistrement à Las Vegas.
C’est dans la ville du divertissement, au sein d’un studio où tout doit être parfait, que la rencontre entre l’auteur français et l’interprète de renommée mondiale a pris corps. Ycare raconte des échanges intenses, marqués par l’exigence et par une forme d’évidence créative. « On était sur la même longueur d’onde », glisse-t-il sur le plateau de France 3. Loin de l’anecdote, cette phrase résume la confiance qui s’est installée. Car il n’était pas évident que Céline Dion accepte de confier l’un des moments forts de son répertoire à un artiste dont le nom n’est pas aussi connu que ceux des grands auteurs internationaux.
Ycare insiste sur le fait qu’il n’a pas cherché à imiter un style. Il explique avoir écrit « pour celle qui sait mettre le plus de sincérité dans ses chansons ». Cette approche explique sans doute pourquoi la collaboration a fonctionné. Il ne s’agit pas d’aligner des formules efficaces, mais de trouver des mots qui sonnent juste au moment où une voix exceptionnelle les porte. Le titre se distingue par son équilibre entre retenue et émotion. C’est une chanson qui demande à être servie, non démonstrative, avec une intensité maîtrisée.
Cette collaboration propulse Ycare sous le feu des projecteurs. L’émission Vivement Dimanche lui offre également une vitrine rare en rendant hommage à Céline Dion. Le contexte télévisuel renforce la portée de ce moment : voir un artiste français revenir sur une telle aventure devant un large public donne une légitimité immédiate à son travail. Pour Ycare, c’est une forme de consécration, mais aussi une invitation à ne pas s’endormir sur ses lauriers. « La vie m’a appris quelque chose : si tu manques d’humilité, elle t’humilie », confie-t-il. Cette phrase résume l’état d’esprit d’un artiste qui a connu des débuts difficiles et qui sait que la notoriété ne se décrète pas.
Un hommage à Jacques Brel, entre respect et modernité
Le second projet d’Ycare est d’une tout autre nature, mais tout aussi ambitieux. Le 2 octobre 2026 paraîtra un album hommage à Jacques Brel, l’un des monuments de la chanson française. L’artiste a connu Brel à travers les disques, les images d’archives et la force intacte de son répertoire. Lui-même reconnaît entretenir un lien très fort avec un artiste disparu avant sa naissance. Ce paradoxe n’a rien d’étrange pour qui connaît l’intemporalité de l’œuvre de Brel.
Pour s’assurer que l’hommage soit conforme à l’esprit du poète, Ycare est allé à Bruxelles rencontrer France Brel, la fille du chanteur. Il a tenu à lui présenter sa démarche et à évoquer ses intentions musicales. Cet échange a permis de lever les ambiguïtés et de confirmer que le projet serait mené avec respect, sans chercher à singer Jacques Brel ni à trahir ses arrangements. L’accord des ayants droit a une valeur précieuse : il permet d’aborder ces chansons avec une liberté rassurée, tout en se sentant sous le regard bienveillant de l’héritage familial.
L’album comptera dix titres retravaillés. Ycare et son équipe explorent des sonorités rock, jazz et piano-voix. Cette diversité stylistique devrait offrir une lecture multiple du répertoire brelien. Les chansons passeront par des arrangements modernes, mais sans jamais perdre leur chair narrative. Il s’agit de respecter la matière originale tout en la remodelant. Le projet se distingue aussi par un choix technique fort : l’album ne fera pas appel à l’intelligence artificielle ni à des instruments factices. Ycare privilégie les vrais musiciens, les prises authentiques et une proximité sonore qui rend hommage à la chanson interprétée.
Pascal Obispo assure la direction musicale de l’ensemble. Ce collaborateur de longue date connaît l’importance de la mélodie et la force des grandes chansons françaises. Son association avec Ycare n’est pas nouvelle, mais elle prend ici une dimension particulière. Obispo apporte sans doute une exigence pop, un sens de la clarté harmonique, tandis qu’Ycare insuffle sa sensibilité d’auteur. Cette complicité s’annonce comme l’un des atouts majeurs de l’album.
Une tournée de 50 dates pour faire vivre le répertoire
Cet album hommage ne sera pas seulement un objet de studio. Ycare a prévu de défendre ce répertoire sur scène. Une tournée de cinquante dates est annoncée pour 2027. Dès le printemps, les répétitions permettront de mettre en place un spectacle pensé comme un dialogue entre générations. Des salles mythiques comme l’Olympia accueilleront cette aventure, aux côtés de nombreux festivals estivaux. La scène reste le lieu naturel de la chanson française, celui où un titre prend toute sa dimension. Ycare le sait : il a appris son métier en se produisant dans des petites salles avant de voir sa carrière prendre de l’ampleur.
Pour les spectateurs, cette tournée sera l’occasion de redécouvrir des classiques souvent chantés en chœur, mais rarement explorés dans une version aussi personnelle. Ycare veut transmettre un patrimoine sans le transformer en musée. Il souhaite que chacun se réapproprie les mots de Brel, que les plus jeunes entendent ces textes comme des pièces vivantes et que les moins jeunes retrouvent l’émotion ressentie lors des premières écoutes. Les chansons de Brel parlent d’amour, de mort, de révolte et d’espérance. Elles traversent les époques parce qu’elles racontent l’humain avec une lucidité rare. Ycare entend rendre cette lucidité audible pour le public d’aujourd’hui.
Le fait de passer d’une collaboration avec Céline Dion à un hommage à Jacques Brel n’est pas contradictoire. Ces deux univers sont différents, mais ils partagent une même exigence de sincérité. Céline Dion incarne une interprétation puissante, portée par une voix exceptionnelle. Jacques Brel représente un répertoire où le texte occupe une place centrale. Ycare, en évoluant entre ces deux mondes, confirme sa volonté de ne pas être enfermé dans une seule catégorie. Il veut écrire pour les autres, mais aussi renouveler sa propre manière de chanter.
À 42 ans, Ycare semble avoir trouvé un équilibre. Après les années consacrées à chercher sa place, à multiplier les collaborations et à défendre ses propres chansons, il peut désormais imposer ses choix. Il n’hésite pas à se montrer exigeant, à prendre le temps de rencontrer les personnes qui incarnent une mémoire, à travailler avec des musiciens avant de se précipiter en studio. Cette maturité artistique se ressent dans ses propos. Il ne parle plus seulement de sa carrière, mais de transmission,
Source: Ohmymag News